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Sarkozy de retour devant la justice pour le procès Bygmalion
information fournie par Reuters 17/03/2021 à 08:01

SARKOZY DE RETOUR DEVANT LA JUSTICE POUR LE PROCÈS BYGMALION

SARKOZY DE RETOUR DEVANT LA JUSTICE POUR LE PROCÈS BYGMALION

par Tangi Salaün

PARIS (Reuters) - Deux semaines après une première condamnation, Nicolas Sarkozy est de retour devant la justice ce mercredi, cette fois pour le procès "Bygmalion", portant sur les soupçons de financement illégal de la campagne électorale de l'ancien président de la République en 2012.

Le procès, prévu pour durer un mois, risque de connaître un faux départ, car un des principaux accusés, Jérôme Lavrilleux, ancien directeur adjoint de la campagne présidentielle, a demandé son renvoi en raison de cas de COVID-19 parmi les avocats chargés de le représenter.

Une décision sera prise par le tribunal correctionnel à l'ouverture de l'audience en début d'après-midi, un report du procès au mois de mai étant évoqué.

Pour Nicolas Sarkozy, il ne s'agirait que d'un court répit judiciaire. Selon le parquet de Paris, le parti dont il était le candidat, l'UMP, aurait dépensé 42,8 millions d'euros, près de deux fois plus que le plafond de dépenses légal (22,5 millions), pour sa campagne infructueuse de 2012, par le biais de fausses facturations de la société Bygmalion.

Condamné début mars à un an de prison ferme pour corruption active et trafic d'influence dans l'affaire dite "des écoutes de Paul Bismuth", jugement dont il a fait appel, l'ancien chef de l'Etat, âgé de 66 ans, verrait son horizon s'obscurcir davantage s'il était à nouveau reconnu coupable.

Au terme d'une enquête qui visait initialement Jean-François Copé, à l'époque patron de l'UMP, soupçonné d'avoir détourné les fonds à son profit avant de bénéficier d'un non-lieu dans cette affaire, le parquet va s'efforcer de démontrer que le candidat Sarkozy ne pouvait pas ignorer que ces fonds avaient servi en réalité au maquillage de ses comptes de campagne.

Pour la défense de Nicolas Sarkozy, qui nie avoir été au courant des fausses facturations, tout l'enjeu sera de semer le doute dans l'esprit des juges pour obtenir la relaxe.

Dans son ordonnance de renvoi devant le tribunal, le juge d'instruction Serge Tournaire estime que l'ancien président de la République a "incontestablement bénéficié des fraudes révélées par l'enquête qui lui ont permis de disposer, lors de la campagne de 2012, de moyens bien supérieurs à ce que la loi autorisait".

"C'est bien le candidat et son équipe restreinte qui ont fait le choix d'axer la campagne sur des meetings spectaculaires et dispendieux et d'en confier l'organisation à des agences spécialisées", comme Event & Cie, filiale de Bygmalion, ajoute le magistrat.

PAS DE PREUVE FORMELLE CONTRE SARKOZY

Mais le juge Tournaire reconnaît dans le même temps dans son ordonnance que "l'enquête n'a pas établi que Nicolas Sarkozy avait ordonné (les malversations), ni qu'il y avait participé, ni même qu'il en avait été informé".

Nicolas Sarkozy est d'ailleurs poursuivi dans cette affaire pour "financement illégal de campagne électorale", un délit passible selon le code électoral d'un an de prison et 3.750 euros d'amende. Et non, comme les treize autres prévenus, pour usage de faux, escroquerie et abus de confiance, délits relevant du code pénal et donnant lieu à des peines bien plus lourdes.

Parmi les prévenus figurent les co-fondateurs de Bygmalion, Bastien Millot et Guy Alves, ainsi que l'ancien patron d'Event & Cie, Franck Attal, qui ont reconnu les faits et dit avoir agi à la demande de l'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy.

Plusieurs membres de la garde rapprochée de l'ancien président sera aussi sur le banc des accusés: son directeur de campagne, Guillaume Lambert, qui avait transmis dès mars 2012 au chef de l'Etat une note l'alertant sur la nécessité de respecter la "stricte limitation des dépenses", son trésorier Philippe Briand, ou encore Jérôme Lavrilleux.

Personnage clé de cette affaire, l'ancien directeur adjoint de la campagne a reconnu publiquement pendant l'enquête avoir mis en place avec Bygmalion un système de fausses factures pour camoufler le coût des meetings, assurant l'avoir fait de sa propre initiative et sans en avoir informé Nicolas Sarkozy ni Jean-François Copé, dont il était très proche.

Largement distancé dans les sondages, Nicolas Sarkozy devait "gagner quoi qu'il en coûte", a expliqué Jérôme Lavrilleux dans une interview récemment accordée au quotidien Libération.

Battu au second tour par François Hollande, l'ancien chef de l'Etat a au contraire vu son parti s'enfoncer dans une guerre fratricide entre ses partisans et ceux de Jean-François Copé, guerre qui a conduit le parti au bord de l'implosion et sur laquelle les ténors de l'ex-UMP, devenue Les Républicains (LR) en 2015, n'ont guère envie de s'attarder aujourd'hui.

Interrogé mardi à l'Assemblée nationale, le président du groupe parlementaire LR, Damien Abad, a ainsi dit aborder "avec une grande distance" le procès de celui qui reste une figure tutélaire de la droite française, et dans lequel certains voient encore un recours pour la présidentielle de 2022.

"J'appartiens à une nouvelle génération politique et nous ne sommes pas entrés en politique pour tenir des propos haineux mais pour défendre des idées", a-t-il déclaré, faisant ainsi allusion aux joutes verbales passées.

(Avec Elizabeth Pineau, édité par Jean-Michel Bélot)

4 commentaires

  • 17 mars 09:10

    A l'avenir ce serait bien qu'ils arrivent à controler les comptes de campagne en temps réel, avec la pléthore de fonctionnaires administratifs ça devrait pouvoir se faire. Ceci évitera de se retrouver avec un président élu sur une fraude. Mais je parle dans le vide ils n'en feront rien la jutice continuera à passer des décennies plus tard, curieuse défense de la démocratie.


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